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| Dernière mise à jour : 16 janvier 2003 |
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Réalisé par courriel entre Tôkyô et Paris de septembre 1997 à janvier 1999 Propos recueillis par François Boudet, pour le site Cyborg Page 2 : Le Rayon vert Page 3 : 36 15 Alexia / Ressentiment ? / Limites à l'autobiographie ? Page 4 : Love Hotel Page 5 : La manga / Sexe et censure Page 6 : Cinéma japonais / Dessins animés japonais Page 7 : Utilisation de la photo dans la BD / Fin de (À Suivre) Page 8 : Tôkyô est mon jardin Page 9 : Tôkyô est mon jardin / Lectorat / Demi-Tour Page 10 : BD au Japon Page 11 : Questions des Internautes
Mais Nagisa Ôshima lui-même, l'homme de la Nouvelle Vague japonaise, l'un des maîtres du cinéma d'auteur, n'est pas le dernier à participer à la farce cathodique nippone. Ce serait Jean-Luc Godard habillé en canard pour les besoins de la Brosse à dent... C : En tout cas, Kitano est vraiment très bien dans ses films... Et puis peut-être justement que son activité de pitre télévisuel (ou Ôshima que tu cites) lui permet de s'exprimer plus librement, financièrement parlant, au cinéma (il faut bien vivre...) ? Tout comme Orson Welles, également, jouait dans des films minables pour financer ses projets de films ambitieux... Une question personnelle par rapport à Kitano par exemple qui est obligé (?) d'avoir une activité commerciale à côté pour faire du cinéma d'auteur ; est-ce que toi, tu vis de ta BD d'auteur ou bien fais-tu quelque chose de plus lucratif en parallèle ? FB : J'ai sincérement apprécié Sonatine et surtout Kids Return, et respecte donc particulièrement leur auteur, mais je n'ai aucune tendresse pour les gens qui gagnent trop d'argent, surtout dans un domaine aussi peu méritoire que la télé. Personnellement, je ne joue évidemment pas dans la même cour. Depuis mes premiers pas dans ce métier, j'ai mis un point d'honneur à essayer d'en vivre, évitant par exemple de m'éparpiller dans des travaux d'illustrations plus lucratifs... Ainsi, mon espérance de survie financière a toujours oscillé entre un et neuf mois, sauf en 90 et 91, où j'ai été prof à l'atelier BD d'Angoulême et donc fonctionnaire de mairie, et en 93 et 94, quand j'ai été successivement boursier choyé de Kôdansha et de l'état français (depuis, les choses sont rentrées dans l'ordre, et mes économies actuelles ajoutées à mes prochaines rentrées de yens m'autorisent à compter sur une survie normale de trois ou quatre mois, jusqu'à mars ou avril prochains, donc.). Je n'aime pas l'argent, et m'en méfie. D'ailleurs, il faudrait être bien tordu pour rêver d'argent et en même temps choisir d'être auteur de BD, car c'est sans discussion le métier du dessin qui paye le moins, à part peut-être peintre du dimanche : n'importe quel graphiste interchangeable d'une agence de pub gagnera toujours plus que moi, et si certains auteurs peuvent s'acheter une maison à Montpellier ou dans le 15e, c'est surtout avec ce qu'ils ont empoché dans la pub. C : Tu apprécies les manga, nous avons vu... Est-ce que tu aimes le dessin animé japonais également ? Tu as été voir le dernier film de Miyazaki au Japon par exemple (déjà plus de 12 millions d'entrées au Japon depuis le mois de juillet...) ? FB : En quelle année les premiers dessins animés japonais ont-ils débarqué à la télévision française, 74 ou 75 ? J'étais déjà adolescent, et bien plus préoccupé par Sylvie ou Marie-Luce que par Goldorak : à une année près ou deux, ils m'auraient peut-être intéressé... mais ça n'a pas été le cas. Je n'ai aujourd'hui ni la connaissance, ni la nostalgie nécessaire pour apprécier l'ensemble de la production animée japonaise, dont la plupart des œuvres ne m'enthousiasment guère et me paraissent bien en deçà des manga de papier. Bien entendu, je fais la différence entre les dessins animés bon marché conçus pour la télévision ou la vidéo, et les productions cinématographiques soignées de réalisateurs souvent talentueux. J'ai ainsi vu avec plaisir quelques films de Miyazaki, et parmi eux Tonari no Totoro, à la télévision japonaise en 94, qui fut une petite révélation : je fus frappé par le soin apporté à l'animation et au son, et ému par plusieurs descriptions de la vie quotidienne japonaise... Car voici mon problème : plus encore que la BD ou la manga, les dessins animés japonais de cinéma ont une fâcheuse tendance à se complaire dans de spectaculaires descriptions d'univers fantastiques ou de science-fiction... Et le fantastique et la science-fiction M'ENNUIENT ! Pas toujours, mais de plus en plus. Et voilà qu'un dessin animé japonais s'efforce à restituer notre monde, en tout cas un épisode de ce monde, et ce dessin animé change ma vie. C'est le Tombeau des lucioles d'Isao Takahata. Je l'ai vu l'année dernière dans une salle à Paris, et quelque chose de moi est resté là-bas, je n'en suis pas vraiment revenu. Et puis j'ai quand même suivi avec pas mal de curiosité et de gourmandise les premiers épisodes d'Evangelion, dont le montage m'a semblé vraiment ingénieux. Ah, bien sûr, il y a les « Eva » et les « Anges »... Mais j'ai passé outre. C : Evangelion qui est une série TV... Impressionnant pour un budget TV quand même, non ? Il y a d'autres séries TV qui sont très bien réalisées aussi, comme Escaflowne, Maison Ikkoku (Juliette je t'aime) d'après la manga de Takahashi, ou encore Touch (Théo ou la Batte de la victoire) d'après la manga d'Adachi. Ces deux dernières séries sont un bon exemple, je crois, de la description de la vie quotidienne japonaise dont tu parlais (un peu romancée certes, mais intéressante quand même)... Tôkyô, le 15 novembre 1997 |
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